🐄 Cuir : blouson, perfecto, shearling, cafĂ©racer, etc

Salutatous !

La suite de la sĂ©rie avec une autre magnifique veste “French workwear”, ici une veste lourde (2,7 kg) typique des tenues de feu des pompiers jusqu’à la fin des annĂ©es 80, mĂȘme s’il en existe bien sĂ»r d’autres modĂšles. Cette veste est cependant trĂšs probablement une version civile : marron au lieu de noir, pas de possibilitĂ© de doublure isolante, doublure en tartan plutĂŽt qu’unie, etc

À partir de 1993, les tenues de feu ont dĂ» porter obligatoirement des bandes rĂ©flĂ©chissantes ; puis peu Ă  peu le cuir a Ă©tĂ© dĂ©laissĂ© au profit des textiles techniques. Les sapeurs-pompiers de Paris, par exemple, abandonnent le cuir en 2002.

Une caractĂ©ristique de nombreuses tenues de pompier (mais pas universelle), c’est les boutons cachĂ©s :

L’intĂ©rĂȘt est Ă©videmment que les boutons soient protĂ©gĂ©s des flammes. De mĂȘme, les cuirs de pompier, de façon gĂ©nĂ©rale, sont restĂ©s trĂšs tard pourvus de boutons plutĂŽt que de fermetures Ă©clair en mĂ©tal, beaucoup plus frĂ©quentes Ă  partir d’une certaine Ă©poque sur les vestes de motards de la gendarmerie ou de la police, per exemple.

Cette veste a une Ă©tiquette de marque, ce qui est loin d’ĂȘtre toujours le cas avant les 70s : ici, la sociĂ©tĂ© IMPERCUIR, Ă©tablie Ă  Graulhet dans le Tarn (GVF = Graulhet Ville France).

Graulhet Ă©tait considĂ©rĂ©e comme la “capitale du cuir” et se spĂ©cialisait dans le cuir de mouton et agneau, avec la ville de Mazamet Ă  50 bornes spĂ©cialisĂ©e dans le dĂ©lainage. IMPERCUIR a Ă©tĂ© fondĂ©e en 1962 mais on retrouve le mĂȘme insigne avec des marques comme VIDAL, VICTOR
 Toutes ces marques ont disparu, il reste cependant un descendant de la famille Vidal qui a repris l’activitĂ© et fabrique toujours des combinaisons de motard en cuir.

Il y avait aussi bien sĂ»r des artisans ou entreprises du cuir ailleurs en France, qui pouvait fabriquer aussi bien des cuirs de mode que des vĂȘtements utilitaires. Citons en particulier PARACUIR et DURA-CUIR (si si) Ă  Saint-Etienne. Je termine l’évocation de quelques marques par MIC (Manufacture industrielle de confection), qui a la particularitĂ© d’avoir Ă©tĂ© créée assez tard, 1986, alors mĂȘme que l’industrie du cuir en France commençait dĂ©jĂ  Ă  se casser la gueule. MIC Ă©tait Ă©tablie Ă  Cognac la ForĂȘt en Haute Vienne, a fabriquĂ© des tenues de pompier trĂšs semblables Ă  celle-ci, des tenues pour EDF/GDF, des blousons PN pour l’armĂ©e de l’Air
 Comme c’est une marque relativement rĂ©cente, et plus industrielle, c’est aussi celle que l’on a le plus de chance de trouver d’occase, par rapport aux prĂ©cĂ©dentes citĂ©es. Elle a fermĂ© en 2003.

Passons Ă  l’histoire de cette veste de mon point de vue. Il y a une douzaine d’annĂ©es, j’ai commencĂ© Ă  rechercher des vestes pour remplacer, ou du moins soulager, celles que je possĂ©dais depuis les annĂ©es 90 (les trois dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ©es). Car non seulement elles commençaient Ă  ĂȘtre fragilisĂ©es, mais en plus, j’ai dĂ» peu Ă  peu me rĂ©soudre au fait qu’un type commençant Ă  prendre un peu d’ñge, cheveux et barbe grisonnants, souvent mal rasĂ© et arborant des cuirs vraiment trĂšs usĂ©s
 pouvait assez vite avoir l’air d’un vieux clodo. Triste constat.

J’ai donc trouvĂ© cette veste en excellent Ă©tat pour une somme raisonnable chez un particulier sur ebay. Elle n’a jamais eu aucun besoin de travaux de rĂ©paration et c’est le cuir que j’ai le plus portĂ© en automne/hiver cette derniĂšre dĂ©cennie. C’est aussi la seule veste que j’ai fait traiter et recolorer par un vrai professionnel du cuir il y a quelques annĂ©es, elle en valait le coup. Elle est assez versatile pour pouvoir ĂȘtre portĂ©e aussi bien pour aller au boulot qu’en mode rock’n’roll.

MalgrĂ© tout l’amour que j’ai pour elle, il est possible que je m’en sĂ©pare bientĂŽt, pour l’offrir Ă  mon frĂšre aĂźnĂ© pour ses 60 ans cet Ă©tĂ©. J’ai dĂ©sormais d’autres vestes qui peuvent remplir le crĂ©neau qu’elle occupait, tandis que sa polyvalence et son style extrĂȘmement sobre mais Ă©lĂ©gant seront parfaits pour lui dont ce sera le seul cuir.

Pour terminer, la vue de dos que je vous ai Ă©pargnĂ©e jusqu’ici !

Prochain épisode : des cuirs vintage allemands

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