🐄 Cuir : blouson, perfecto, shearling, cafĂ©racer, etc

Salutatous !

Aujourd’hui : un blouson de moto pas dĂ©gueu pour femmes ; je serai bref car il ne s’agit pas de mode masculine, mais c’est vraiment un beau cuir
 Demain, repos dominical !

On dirait une veste pour biker bodybuildĂ©, mais non c’est de la taille 36 pour femme. Marque française MOTOMOD, annĂ©es 70/80. C’est une “vraie” veste de moto en cela qu’elle a des renforts aux coudes et Ă©paules assez costauds, pas seulement de la mousse ; mais pas encore de dorsale et pas de possibilitĂ© d’installer les protections aux normes modernes.

MOTOMOD est une marque française fondĂ©e en 1972 dont il se dit qu’elle aurait inventĂ©e la 1re combard de moto Ă©tanche. Je veux bien le croire, ou plutĂŽt j’ai la flemme de vĂ©rifier. Elle n’existe plus aujourd’hui, pour autant que je sache, mais on trouve encore des gants de moto en vente Ă  ce nom.

Il y a une dizaine d’annĂ©es, je cherchais un beau cadeau pour les 16 ans d’une de mes niĂšces. J’ai trouvĂ© ça Ă  60€ dans une friperie parisienne, et je me suis jetĂ© dessus comme la vĂ©role sur le bas-clergĂ© breton. Ma niĂšce a Ă©tĂ© enthousiasmĂ©e puis
 ne l’a jamais portĂ©. L’annĂ©e derniĂšre j’ai donc rĂ©cupĂ©rĂ© l’objet
 pour les 16 ans de ma fille (ci-dessous).

J’aime beaucoup ce blouson car il a un style biker/doublerider affirmĂ©, sans les zipettes et fioritures d’un perfecto (qui ont leur charme aussi ! Mais pas pour moi). Tout dans la sobriĂ©tĂ©. Il a quand mĂȘme une allure terrible. Mais je reconnais que ce n’est pas forcĂ©ment facile Ă  porter non plus.

La semaine prochaine : une autre veste “workwear” française, style les guerriers du feu.

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Et puisque je suis dans les cuirs de moto, et que je relis les messages prĂ©cĂ©dents du fil, je me demandais si tu avais trouvĂ© la veste de moto qui te convenait ? J’en ai une d’une bonne marque allemande (de 2009, excellent Ă©tat, possibilitĂ© d’y installer les protections normes CE), dont je ne me sers pas puisque je ne fais pas de moto. Je la vends parce que c’est la seule veste “rĂ©cente” qu’il y avait dans un lot vintage rĂ©cemment acquis. AprĂšs, chacun ses goĂ»ts pour savoir si elle est sympa esthĂ©tiquement ! C’est plutĂŽt une veste de touring qu’un blouson court type perf‘.

Je ne mets pas de lien, je ne sais pas encore quelles sont les rĂšgles pour l’autopromotion sur ce fil, je ne voudrais pas les enfreindre une semaine aprĂšs mon arrivĂ©e !

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TrĂšs cool cette veste !

Je t’ai rĂ©pondu en mp pour ton message :slight_smile:

En thĂ©orie c’est interdit de poster des liens vers ses propres annonces. MĂȘme pour les habituĂ©s.

Aprùs si c’est un peu sous-entendu sans lien direct vers une vraie annonce, j’ai tendance à penser que ça va tant que ça reste rare.

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Ça roule ! Merci.

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Salutatous !

La suite de la sĂ©rie avec une autre magnifique veste “French workwear”, ici une veste lourde (2,7 kg) typique des tenues de feu des pompiers jusqu’à la fin des annĂ©es 80, mĂȘme s’il en existe bien sĂ»r d’autres modĂšles. Cette veste est cependant trĂšs probablement une version civile : marron au lieu de noir, pas de possibilitĂ© de doublure isolante, doublure en tartan plutĂŽt qu’unie, etc

À partir de 1993, les tenues de feu ont dĂ» porter obligatoirement des bandes rĂ©flĂ©chissantes ; puis peu Ă  peu le cuir a Ă©tĂ© dĂ©laissĂ© au profit des textiles techniques. Les sapeurs-pompiers de Paris, par exemple, abandonnent le cuir en 2002.

Une caractĂ©ristique de nombreuses tenues de pompier (mais pas universelle), c’est les boutons cachĂ©s :

L’intĂ©rĂȘt est Ă©videmment que les boutons soient protĂ©gĂ©s des flammes. De mĂȘme, les cuirs de pompier, de façon gĂ©nĂ©rale, sont restĂ©s trĂšs tard pourvus de boutons plutĂŽt que de fermetures Ă©clair en mĂ©tal, beaucoup plus frĂ©quentes Ă  partir d’une certaine Ă©poque sur les vestes de motards de la gendarmerie ou de la police, per exemple.

Cette veste a une Ă©tiquette de marque, ce qui est loin d’ĂȘtre toujours le cas avant les 70s : ici, la sociĂ©tĂ© IMPERCUIR, Ă©tablie Ă  Graulhet dans le Tarn (GVF = Graulhet Ville France).

Graulhet Ă©tait considĂ©rĂ©e comme la “capitale du cuir” et se spĂ©cialisait dans le cuir de mouton et agneau, avec la ville de Mazamet Ă  50 bornes spĂ©cialisĂ©e dans le dĂ©lainage. IMPERCUIR a Ă©tĂ© fondĂ©e en 1962 mais on retrouve le mĂȘme insigne avec des marques comme VIDAL, VICTOR
 Toutes ces marques ont disparu, il reste cependant un descendant de la famille Vidal qui a repris l’activitĂ© et fabrique toujours des combinaisons de motard en cuir.

Il y avait aussi bien sĂ»r des artisans ou entreprises du cuir ailleurs en France, qui pouvait fabriquer aussi bien des cuirs de mode que des vĂȘtements utilitaires. Citons en particulier PARACUIR et DURA-CUIR (si si) Ă  Saint-Etienne. Je termine l’évocation de quelques marques par MIC (Manufacture industrielle de confection), qui a la particularitĂ© d’avoir Ă©tĂ© créée assez tard, 1986, alors mĂȘme que l’industrie du cuir en France commençait dĂ©jĂ  Ă  se casser la gueule. MIC Ă©tait Ă©tablie Ă  Cognac la ForĂȘt en Haute Vienne, a fabriquĂ© des tenues de pompier trĂšs semblables Ă  celle-ci, des tenues pour EDF/GDF, des blousons PN pour l’armĂ©e de l’Air
 Comme c’est une marque relativement rĂ©cente, et plus industrielle, c’est aussi celle que l’on a le plus de chance de trouver d’occase, par rapport aux prĂ©cĂ©dentes citĂ©es. Elle a fermĂ© en 2003.

Passons Ă  l’histoire de cette veste de mon point de vue. Il y a une douzaine d’annĂ©es, j’ai commencĂ© Ă  rechercher des vestes pour remplacer, ou du moins soulager, celles que je possĂ©dais depuis les annĂ©es 90 (les trois dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ©es). Car non seulement elles commençaient Ă  ĂȘtre fragilisĂ©es, mais en plus, j’ai dĂ» peu Ă  peu me rĂ©soudre au fait qu’un type commençant Ă  prendre un peu d’ñge, cheveux et barbe grisonnants, souvent mal rasĂ© et arborant des cuirs vraiment trĂšs usĂ©s
 pouvait assez vite avoir l’air d’un vieux clodo. Triste constat.

J’ai donc trouvĂ© cette veste en excellent Ă©tat pour une somme raisonnable chez un particulier sur ebay. Elle n’a jamais eu aucun besoin de travaux de rĂ©paration et c’est le cuir que j’ai le plus portĂ© en automne/hiver cette derniĂšre dĂ©cennie. C’est aussi la seule veste que j’ai fait traiter et recolorer par un vrai professionnel du cuir il y a quelques annĂ©es, elle en valait le coup. Elle est assez versatile pour pouvoir ĂȘtre portĂ©e aussi bien pour aller au boulot qu’en mode rock’n’roll.

MalgrĂ© tout l’amour que j’ai pour elle, il est possible que je m’en sĂ©pare bientĂŽt, pour l’offrir Ă  mon frĂšre aĂźnĂ© pour ses 60 ans cet Ă©tĂ©. J’ai dĂ©sormais d’autres vestes qui peuvent remplir le crĂ©neau qu’elle occupait, tandis que sa polyvalence et son style extrĂȘmement sobre mais Ă©lĂ©gant seront parfaits pour lui dont ce sera le seul cuir.

Pour terminer, la vue de dos que je vous ai Ă©pargnĂ©e jusqu’ici !

Prochain épisode : des cuirs vintage allemands

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Salutatous !

Aujourd’hui je quitte (temporairement) le workwear français pour passer au vintage allemand ; habitant en Allemagne depuis une douzaine d’annĂ©es, il m’arrivait bien sĂ»r de voir des trucs locaux en cherchant sur les divers sites d’occasion, et donc je me suis lancĂ©. Il y des choses que j’aime bien dans le vintage allemand, et d’autres que je n’aime pas, Ă  commencer par la propension de certains vendeurs, pas tous heureusement, Ă  tout cataloguer comme relatif Ă  la 2de GM, pour attirer un « certain Â» public, mĂȘme quand les articles vendus sont d’évidence parfaitement civils ou datant d’aprĂšs-guerre.

Certes, on ne peut nier que le style des cuirs des annĂ©es 50/60 en Allemagne est parfois dans la continuation des styles des annĂ©es 30/40, et que les styles civils sont souvent influencĂ©s par les styles militaires (et inversement), mais c’est la mĂȘme chose partout ailleurs. Et ce qui est intĂ©ressant dans le vintage allemand comme français de ces annĂ©es-lĂ , c’est comment il se distingue du style amĂ©ricain tout en s’en inspirant aussi ; mais par rapport Ă  aujourd’hui, oĂč tout est Ă  peu prĂšs partout pareil, c’est intĂ©ressant de voir la variĂ©tĂ© qui prĂ©valait (relativement).

Les vestes que je prĂ©sente aujourd’hui sont les grosses vestes de moto des annĂ©es 50/60, qui sont l’évolution des vestes de type « estafette Â» (Kradmelder / dispatch rider) et s’inspirent peu Ă  peu des « perfecto Â», en raccourcissant et en affichant de plus en plus de fermetures Ă©clairs bien visibles. Mais lĂ  on a encore affaire Ă  des vestes longues, trĂšs lourdes, design sobre avec une fermeture diagonale moins prononcĂ©e et des poches encore discrĂštes, parfois encore Ă  rabat. J’en possĂšde quatre, chacune lĂ©gĂšrement diffĂ©rente des autres et dans des Ă©tats de conservations variĂ©s. Sur les quatre, deux sont de la marque BWS, une autre STRIWA, la derniĂšre est sans marque. Elles ont encore la ceinture Ă  fermeture caractĂ©ristiques de marque Gutos, et des fermetures Ă  glissiĂšres allemandes d’origine (Zipp, Ries, Opti). Une seule sur les quatre a une fermeture principale YKK, mais il m’est impossible de dire si cela signifie que la glissiĂšre a Ă©tĂ© remplacĂ©e Ă  une Ă©poque quelconque ou si la veste est elle-mĂȘme plus tardive (annĂ©es 70/80 ?).

La plus belle Ă  mes yeux est celle-ci, qui est magnifiquement cintrĂ©e, mĂȘme sans ceinture, et tombe parfaitement aux Ă©paules (si si) ; manches un tout petit peu longues, mais c’est normal pour des vestes de moto :

Le dĂ©tail classieux de toutes ces vestes, c’est la poche de poitrine qui se trouve dans le « V Â» central et dont l’ouverture est bien dissimulĂ©e dans la couture symĂ©trique Ă  la fermeture principale (photo avec main dans la poche) :

La fermeture Gutos que j’évoque plus haut, pour ceux qui ne connaissent pas ; les inscriptions qui sont dessus permettent souvent de dater les vestes (Ă  supposer qu’elles soient d’origine), en l’occurrence les quatre vestes portent la marque « DB Patent Â» (Soit brevet fĂ©dĂ©ral allemand) ou Ă©quivalent, qui les datent d’aprĂšs 1949 :

Enfin, deux des trois autres que j’ai (la derniĂšre est en prĂȘt actuellement). Celle de droite n’a pas de ceinture complĂšte amovible, mais un dos « Ă©lastifiĂ© Â» ; elle est parfaitement portable, l’autre a besoin d’ĂȘtre retapĂ©e et a une Ă©paule malheureusement dĂ©formĂ©e, qui donne une silhouette bizarre quand on l’enfile. Je ne sais pas trĂšs bien si ça pourra s’arranger.

Prochain épisode : les vestes de police croisées des années 70/90.

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Grand Ă©cart avec mon voisin du dessus, un petit colis Ă©cossais m’attendait chez moi.

Vu qu’il fait 34°C ressenti 49 je ne ferai pas de fitpic avant un moment.

Mais déjà premiÚre impression : ça ne couine pas, ouf.

La bestiole en vrai :

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a man says do it in white letters on a black background

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Je te hais j’ai envie de caner de chaleur.

Fit impeccable, c’est l’avantage d’avoir repris l’exact patron de ma valeureuse EK zip jacket.

Y’aura de vraies photos quand j’aurai le temps de la porter davantage.

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Cela en valait la chandelle : elle a l’air trùs, trùs cool !

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Merci !

Ça compense instantanĂ©ment le temps d’attente (2 ans et demi, dont une annĂ©e parce que je voulais un type de cuir qu’il n’a pas rĂ©ussi Ă  trouver Ă  un tarif normal).

Du coup ça m’incite Ă  ne plus procrastiner et Ă  enfin rĂ©diger le billet suivant que j’avais annoncĂ© ! Il s’agit ici d’un autre genre de veste vintage allemandes : les vestes de police des annĂ©es 70 Ă  90. AprĂšs cela, le cuir a Ă©tĂ© abandonnĂ©, comme souvent dans les services en uniforme. Quoique la police de Hambourg a conservĂ© des blousons de cuir jusqu’en 2019. Elles pouvaient ĂȘtre noires ou en diverses nuances de vert.

Ces vestes croisĂ©es Ă©taient diffĂ©rentes, mais similaires, selon les LĂ€nder considĂ©rĂ©s, puisque la police en Allemagne est une affaire de Land et pas fĂ©dĂ©rale (sauf certains services of course). Elles Ă©taient fabriquĂ©es soit par des boĂźtes spĂ©cialisĂ©es dans les tenues de travail (EX : Werner Roth KG Ă  Hambourg, dont celle prĂ©sentĂ©e ici), soit par des entreprises qui faisait ça en plus des vestes de moto ou de mode pour le grand public (ex : STRIWA). On les trouve aujourd’hui relativement frĂ©quemment sur les sites de seconde main en Allemagne, en gĂ©nĂ©ral pour des prix raisonnables, de 60 Ă  120€ en bon Ă©tat.

Les photos ci-dessous montrent un modÚle assez courant. Tout dans cette veste est étudiée pour les aspects pratiques :

  • Une doublure chaude pour l’hiver (pas sur la photo) ;
  • Une petite courroie Ă  l’intĂ©rieur permettant de « tendre Â» le pan de veste intĂ©rieur quand la veste est fermĂ©e ;
  • Les boutons aisĂ©ment amovibles/remplaçables, qui passent par des Ɠillets en mĂ©tal, caractĂ©ristique que les fans de vestes vintage apprĂ©cieront, la fixation des boutons Ă©tant l’un des points de fragilitĂ© de nombre de vestes anciennes.
  • 6 poches immenses. Mais vraiment **immenses**. La veste est donc parfaite pour partir en (court) week-end sans valise :slightly_smiling_face: . J’ai fait l’expĂ©rience, ça marche : j’avais dans les poches Ă  rabat : un livre de poche et une mini-trousse de toilette. Dans les poches de poitrine (fermables par boutons-pressions) : papiers, tĂ©lĂ©phone et chargeur. Dans les poches intĂ©rieures : un magazine format A4 pliĂ© en 2, un slip et un T-shirt de rechange bien pliĂ©s. Le tout sans avoir l’air d’un bibendum.
  • La poche basse Ă  droite est « doublĂ©e Â», ce qui permet de passer la main au travers de la veste sans devoir l’ouvrir, pour prendre plus rapidement l’arme ou autres objets pendus au ceinturon sous la veste.

Cette veste-ci est particuliĂšrement bien coupĂ©e. Elle est l’une des plus « fit Â» de mes cuirs, tout en Ă©tant l’une de celles qui gĂȘne le moins les mouvements des bras. Ce n’est pas le cas de toutes, j’en ai un autre modĂšle oĂč les boutons (dorĂ©s plutĂŽt qu’argentĂ©s) sont apparents sur les quatre poches extĂ©rieures, censĂ©e ĂȘtre de la mĂȘme taille mais beaucoup moins agrĂ©able Ă  porter, alors qu’elle est nettement plus large aux Ă©paules.

J’en profite pour parler du systĂšme des tailles de confection en Allemagne, intĂ©ressant. Pour les hommes comme les femmes il y a plusieurs sĂ©ries de taille : tailles normales (pour hommes : 46 Ă  62 ou au-delĂ ), pour personnes Ă©lancĂ©es (90 Ă  122), pour ceux qui ont la poitrine large (23 Ă  30), pour ceux qui ont la poitrine basse comme ObĂ©lix (chiffres impairs, 51 Ă  63 etc). Cela n’existe pas dans le civil en France Ă  ma connaissance, mais il y a l’équivalent pour les tenues militaires (ex : 104 C, M ou L). Les deux vestes de police que je possĂšde sont en 25 « petit costaud Â», mais comme je l’ai indiquĂ©, en pratique de tailles assez diffĂ©rentes.

Prochain épisode : quelques modÚles plus récents de vestes de motos allemandes.

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Board racer custom client badalassi black

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Le mĂȘme portĂ© par le client avec toujours le petit mot gentil, purĂ©e je suis content qu’il sois content :grinning_face:

"Bonjour ,

Je suis super heureux il est tout simplement magnifique :star_struck:, merci d’avoir pensĂ© Ă  ajouter quelques centimĂštres aux Ă©paules et surtout merci pour votre gentillesse et vos conseils prĂ©cieux pour qu’il soit aussi parfait en taille.

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Petit retour un peu plus complet en photo de ma premiÚre (et derniÚre ?) veste en cuir, de chez Field Leathers, par le génialissime Greg Field.

L’idĂ©e Ă©tait de rĂ©pliquer une veste que Greg a rĂ©alisĂ©e pour un de ses clients rĂ©guliers, une veste boxy en cuir de rennes (ou de cerf ? bref du deerskin) marron foncĂ©e :

https://www.instagram.com/p/DWTpXPAFJs0/?img_index=2

Le TL;DR sur la conception et le choix des matiĂšres.

Résumé

J’ai donc passĂ© commande Ă  Greg, sur le dernier crĂ©neau pour une veste bespoke avant qu’il n’arrĂȘte dĂ©finitivement les commandes 100% mesure (trop compliquĂ©es Ă  gĂ©rer pour un gĂ©rant d’un unique shop). Greg m’avait prĂ©venu qu’il y avait trĂšs peu de chances de pouvoir trouver du cuir de cerf. Pourquoi ? Parce que bien trop cher chez son fournisseur usuel pour ses autres cuirs (la tannerie Shinki, bien connue des weeb
 pardon des amateurs de cuir japonais), et parce que Greg n’avait aucune certitude quant au fait que son fournisseur historique de cuir de cerf en propose encore.

AprĂšs un an d’attente, Greg me contacte pour mettre en production la veste, choisir les dĂ©tails et la coupe, etc. Sauf que ce qui devait coincer coinça, pas de deerskin en vue, son fournisseur « historique Â» de cuir de cerf se contentant d’un vague « on en aura dans six mois tkt frr Â». L’annĂ©e suivante a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă  trouver une alternative en cuir de cerf, chez d’autres fournisseurs qu’il connait, en espĂ©rant que son fournisseur historique se rĂ©veille. AprĂšs avoir testĂ© des tanneries italiennes (chou blanc, le cuir Ă©tait trop fin), une Ă©cossaise (qui n’a ni numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone ni adresse mail et qui n’a jamais rĂ©pondu) et Shinki (qui demande de telles quantitĂ©s pour commander que ça aurait rajoutĂ© 1000ÂŁ Ă  la facture et ce seulement si 5 autres personnes s’étaient proposĂ©es pour une veste en cuir de cerf), on arrive Ă  la conclusion qu’impossible de trouver de maniĂšre fiable un cuir qui convienne.

Reste donc les alternatives, et mon choix s’est portĂ© sur le Badalassi, un cuir de vache (ou de taureau ?) italien, bien connu des amateurs notamment de la clientĂšle Aero Leather (dont Greg est un ancien artisan).

Le Badalassi, kesako ? C’est un cuir dit « aniline Â», pleine fleur, de vache.
Pour le point geekage des matiĂšres, les cuirs sont soit aniline, soit pigmentĂ©s, soit un entre-deux appelĂ© semi-aniline. Un cuir pigmentĂ© est « peint Â» Ă  sa surface, pour la protĂ©ger des agressions extĂ©rieures. Un cuir aniline est « teint Â» en profondeur et n’est pas recouvert par une peinture Ă  sa surface, le rendant plus fragile ou en tout cas moins Ă©tanche. Ce qui a son importance quand on subit la pluie 3x par jour en Bretagne : le cuir aniline « boit Â» l’eau et se fonce au contact de celle-ci. En pratique j’ai testĂ© sur des chutes de cuir et la diffĂ©rence pigment/aniline est trĂšs nette pour ce qui est de l’absorption de l’eau, mais une fois que le cuir sĂšche c’est moins voire plus visible.
Pour que le rendu du cuir aniline soit au niveau, le cuir doit ĂȘtre particuliĂšrement qualitatif, lĂ  oĂč c’est moins vrai pour du cuir pigmentĂ©. Maintenant, pour avoir eu entre les mains du cuir de poney pigmentĂ© de chez Shinki, je suis assez convaincu qu’il y a des cuirs fabuleux en pigmentĂ© comme en aniline.
Le potentiel de patine est aussi un peu diffĂ©rent puisque la « peinture Â» du cuir pigmentĂ© peut s’en aller, rĂ©vĂ©lant la surface du cuir sous la peinture. Si le cuir est teint « dans la masse Â» avec le mĂȘme coloris que celui en surface, l’enlĂšvement progressif de la couche supĂ©rieure ne change pas grand chose au rendu. Si en revanche le cuir est teint dans la masse dans une couleur diffĂ©rente du coloris en surface, alors l’usure progressive en surface va rĂ©vĂ©ler la couleur « profonde Â» du cuir : c’est le principe des teintures dites « teacore Â», et selon le degrĂ© de rĂ©sistance de la teinture en surface la patine peut ĂȘtre fulgurante et se dĂ©velopper en quelques mois (ou au contraire mettre des annĂ©es).

Une fois le cuir Badalassi choisi, il y a deux autres paramĂštres Ă  prendre en compte : l’épaisseur du cuir et la finition mate ou brillante.

Pour la finition, je hais les cuirs trop brillants, donc exit le cuir brillant de Badalassi, appelĂ© « Nappa Lux Â». L’autre gros dĂ©faut de la finition Nappa Lux, c’est que le cuir grince/couine Ă©normĂ©ment, et c’est potentiellement insupportable selon votre sensibilitĂ©, avec un trĂšs bel exemple ici : https://www.youtube.com/watch?v=3kkg42-KPSo. Ce n’est pas le cas de la finition mate, fort heureusement. Mais on ne peut pas retirer une beautĂ© certaine Ă  ce cuir, trĂšs prisĂ© des clients d’Aero.

L’autre finition possible c’est la finition mate, appelĂ©e « Minerva Â» et dĂ©clinĂ©e en plusieurs Ă©paisseurs. Plus le cuir est Ă©pais (2mm voir plus), plus il sera rigide, ce qui est utile pour des chaussures par exemple. Plus il est fin (dans mon cas 1mm) et plus il aura du drapĂ©. Je crois qu’un gars sur The Fedora Lounge a fait faire une veste en Badalassi de 2mm d’épaisseur, et globalement c’est un scaphandre.

C’est donc Ă  la lumiĂšre de toutes ces informations que j’ai choisi une Ă©paisseur fine (1mm, le minimum conseillĂ© par la tannerie pour avoir une veste en cuir robuste et durable), en finition matte avec du grain.

Suite à cette décision, fin février, Greg a commencé à produire la veste, avec quelques ralentissements (notamment des zips spécifiques qui ont mis plus de temps que prévu à arriver). Et, quatre mois plus tard, la bestiole arrive à la maison, pendant une semaine de canicule.

Je vous laisse profiter des photos, aprÚs quelques heures de port (et une gamelle dans ma cave qui a abimé une manche
 pardon qui a contribué à la patine).

Quelques mots sur la coupe : pour ĂȘtre sĂ»r et certain d’avoir une coupe qui m’aille, j’ai envoyĂ© Ă  Greg ma Zip Jacket de chez EK, avec une coupe un peu slouchy/boxy. Greg en a rĂ©pliquĂ© la coupe et m’a envoyĂ© une veste d’essai, pour ĂȘtre sĂ»r et certain du fit. Et franchement je ne peux que recommander de faire faire ce type de veste gabarit si vous avez le moindre doute, et c’est parce qu’il y a cette veste d’essai que je me permets de qualifier le produit final de « bespoke Â» (comme chez les tailleurs).


La veste d’essai, fit nickel et trùs rassurant pour le produit final

Et quelques dĂ©tails, dont la trĂšs douce doublure en moleskine, un fermoir de manche « inversĂ© Â» (Ă  l’arriĂšre de la manche et non Ă  l’avant, comme ça il ne se voit pas de face), deux poches poitrine intĂ©rieures, et une poche format A5 pour ranger un carnet ou une feuille pliĂ©e en deux :

Et une fitpic Ă  l’arrache, ouvert/fermĂ© :


Veuillez excuser la variabilitĂ© des couleurs, c’est un calvaire de faire sentir la couleur/texture d’un cuir en photo.

Rendez-vous dans un an pour un point patine.

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J’adore le badalassi,mais j’ai l’impression qu’il avait varie beaucoup d’une veste a un autre.

Certaines sont plus texturées et plus ou moins noires,je me trompe?

Ca varie suivant le lot?

Y’a toujours des variations dans le cuir, j’ai des Ă©chantillons de la mĂȘme ref en Badalassi (couleur chocolat) avec de bonnes diffĂ©rences niveau grain et luminance de la couleur.
Par contre dans tous les cas, le cuir est systématiquement fabuleux, faut accepter la variabilité.

Pour la texture, au moins pour le Minerva certains cuirs sont lisses et d’autres avec un grain plus marquĂ©. Pour le Nappa Lux, je ne crois pas que Aero propose l’option avec grain/cuir lisse et je ne la vois pas non plus chez les fournisseurs de cuir en ligne.

Moi la mienne est tres texturĂ©e et le noir tire un peu sur l’anthracite

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Quelle beauté ces blousons :face_holding_back_tears:

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