Du coup retour au point de dĂ©part ? Des maisons laissĂ©es Ă lâabandon pendant x annĂ©es, qui ne se vendent pas car trĂšs/trop dĂ©gradĂ©es. Sauf pour des personnes ayant des moyens de pouvoir les retaper, donc plus fortunĂ© ayant un profil plus citadin ?
On est dans un problĂšme multifactoriel et je pense que ce nâest pas simplement le problĂšme de « Parisiens » qui font monter les prix.
Bien sĂ»r que le problĂšme Ă plusieurs facteurs, ça nâexclu pas quâun de ces facteurs soit lâachat de rĂ©sidence secondaire dans certaines localitĂ©s qui donne un rapport RS/RP dĂ©favorable au dĂ©veloppement de ces lieux lĂ .
Dans les facteurs il y a aussi des acteurs locaux qui organisent et favorisent ce genre de phĂ©nomĂšne et sâen mettent plein les poches, les petites mafia locales.
Alors je nâai jamais parlĂ© de parisiens qui font monter les prix.
Par contre si il y a bien un phĂ©nomĂšne de gentrification Ă certains endroits oĂč lâimmobilier est de plus en plus cher Ă cause de lâinvestissement consĂ©quent dans des rĂ©sidences secondaires.
Ă lâinverse les maisons pas abordables Ă un moment T le deviennent avec le temps et la baisse du prix.
Câest aussi une question dâinĂ©galitĂ©s face aux prĂȘts accordĂ©s et des gens qui peuvent payer cash une maison.
Retaper une maison ce nâest pas seulement une question de moyens Ă©conomique, câest aussi une question de temps. Je vois de jeunes couples sâengager dans cette voie et rĂ©nover leur maison en se projetant dans cinq, voire dix Ă vingt ans pour arriver Ă la fin de leurs travaux.
Si un bien ne se vend pas câest quâil est trop cher, globalement
Ou alors que les gens sont trop pauvres et essaient dâacheter des biens hors de leur portĂ©e
Préambules : Ca serait pas bien de déplacer dans un autre topic ?
Quelques rĂ©actions, brutes, Ă tout ce sujet puisque câest en parti une de mes grandes interrogations du quotidien dans mes sphĂšres pro et perso.
Dâabord, je ne comprends pas bien la notion de « local » et par opposition de « Parisien ».
Concernant les Parisiens, comme vous lâavez dit, il mes semble comme vous lâavez dit, quâune grosse partie nâest pas « dâorigine » (dans le sens filiation et implantation ancestrale). Beaucoup ont des ancrages territoriaux diffĂ©rents.
Ensuite, je navigue au quotidien sur tout lâarc atlantique. Je suis nĂ© en VendĂ©e, dâune filiation 100 % « locale » mais je nâai jamais vĂ©cu en VendĂ©e. Je vis Ă Nantes, Ă la frontiĂšre entre justement la VendĂ©e et la Bretgane et dont on nâarrive jamais, et surtout aprĂšs plusieurs verres, Ă identifier clairement « dâoĂč quâelle est ». Jâen joue souvent, mais ça revient Ă poser la question : dâoĂč suis-je « local » ?
MĂȘme en VendĂ©e, yâaura toujours un gars du Nord VendĂ©e du bocage pour me dire que je viens de la Paline et des Marais.
Bref : la notion du « local » est toujours relative il me semble. Câest un rapport de proximitĂ© relatif entre 2 cas prĂ©cis.
Le Parisien sera moins local de Brest que le Rennais. Le Parisien sera toujours plus local de Brest que le Berlinois. Et le Berlinois sera toujous plus local de Brest que le Québecquois.
Zâavez compris.
Ensuite, opposer basiquement la province et Paris, câest un peu oublier que toutes les rĂ©gions ne peuvent pas suivre le mĂȘme raisonnement.
Lâarc Atlantique (qui sera la base du reste de mes propos puisque ce nâest que ce que je maitrise vraiment) ne peut pas ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© de la mĂȘme façon que le littoral MĂ©diterranĂ©en, la rĂ©gion Lyonnaise, le Pays Basque intĂ©rieur, le Centre, le Nord-Est (avec des frontiĂšres directes), etc.
Autre chose qui me perturbe dans la notion de « Local » - dâun point de vue trĂšs proche de la cĂŽte : les vrais locaux nâexistent plus vraiment. Les Locaux Ă©taient ceux qui avaient un intĂ©ret Ă©conomique direct avec une zone gĂ©ographique.
Sur la cĂŽte Atlantique, globalement, les vrais locaux Ă mes yeux sont les pecheurs, les ostrĂ©iculteurs, âŠ, ceux en rapport direct en exploitation de lâOcĂ©an et leur filiation ; un besoin dâĂȘtre « ici » pour vivre Ă partir dâune ressource.
Ceci était trÚs présent dans les siÚcles passés.
Mais avec lâarrivĂ©e des « Bains de mer » (sujet que je vous encourage Ă creuser : câest passionnant le dĂ©veloppant, les croyances et vertues, les pratiques autour de ce sujet) Ă la fin du 19Ăšme, on a tranquillement basculĂ© vers des littoraux avec un modĂšle Ă©conomique exclusif sur le Tourisme.
Dans les années 70, avec le changement de modÚle économique, les congés payés, le début de la décentralisation, nos cÎtes sont devenues exclusivement des stations balnéaires.
Il reste des subtilitĂ©s dâune ville Ă lâautre, mais globalement, câest ce qui est arrivĂ©.
Ensuite, sur la cĂŽte, est ce que le local câest le gars qui investi dans une boutique, un commerce, que sais-je, et qui lâexploite 4 mois par an pour gĂ©nĂ©rer son revenu annuel ? Est-ce plus un local que le retraitĂ© en rĂ©sidence secondaire qui vit lĂ plus de 6 mois par ans ?
Alors de quel « local » parle-t-on, de quelle filialtion, etc. Est-ce que lâun est plus « lĂ©gitime » que lâautre.
Nâest-ce pas un systĂšme global ?
A la fin des 90/dĂ©but des 2000, on a basculĂ© de ce que je vais dĂ©finir en 2 grandes lignes : lâimmobilier au sens stricte et le produit financier.
La cĂŽte nâĂ©chappe pas Ă cette logique que lâon retrouve dans les mĂ©tropoles.
En vulgarisant :
Lâimmobilier, câest investir dans un bien, sur du long terme, constituer un patrimoine « pierre » quâon garde, entretien, transmet. On vit dedans ou on a un locataire de long terme (en gros : câest Ă la fin dâun emprunt quâon commence Ă rentabiliser).
Le produit financier, câest pareil, un patrimoine, mais exclusivement sous lâangle financier (lĂ , mĂȘme la notion de locataire, Ă la rigueur, on sâen cogne : câest un facteur dans le processus Ă©conmique) - Ă la diffĂ©rence, on attend pas la logique de fin de lâinvestissement pour savoir quâon est rentable puisque câest sur le principe de lâimpĂŽt, par exemple, que ça se joue.
On est passĂ© de lâun Ă lâautre, tranquillement avec par exemple des lois de dĂ©fiscalisations (dĂ©sinvestissement de lâĂ©tat dans les logements, transfert aux privĂ©s) et autres logiques simplement Ă©conomique.
Les centres dâinterĂȘts et dâinfluence Ă©conomique ont et suivront toujours, il me semble, un logique Ă©conomique de celui qui peut passer « au-dessus ».
Si ce nâest pas le « Parisien » qui le fait, ce sera un « Russe » ou que sais-je.
Lâexil autour des centres Ă©conomiques dâinfluence a toujours existĂ© depuis que lâĂ©tat sâest dĂ©sengagĂ© de la politique dâurbanisme volontaire (il continue Ă avoir des grandes idĂ©es, mais en dĂ©lĂ©guant au privĂ©, il y logiquement des biais).
Câest un phĂ©nomĂšne global, sur tout le territoire.
Les Ă©tudes montrent quâen 30 ans, le dĂ©placement quotidien pour aller Ă son travail est passĂ© dâune moyenne entre 5 et 10 km sur le territoire Ă une moyenne de 30 Ă 50 km.
Le foncier pĂšse lourd et le dĂ©veloppant des infrastructures fait que les gens prĂ©fĂšrent sâĂ©loigner et avoir une de « bien idĂ©al » en sâĂ©loignant de leur centre dâintĂ©rĂȘt.
Alors oui, quand ça commence juste Ă arriver et prendre un peu plus de place dans un secteur gĂ©ographie qui nây Ă©tait pas habituĂ©, câest plus difficile, Ă©videmment (mais bon, on est de plus en plus nombreux aussi).
Autre chose : la particularitĂ© Française du Mitage. Le dĂ©veloppement des MĂ©tropoles, que jâobserve depuis 25 Ă 30 ans, me fait aussi dire que la France a une particularitĂ© et que lâon soit dâaccord ou pas, quâon le veuille ou non, peut ĂȘtre vu comme un « retard » de dĂ©veloppement dâun point de vue purement organisation du territoire (Ă©conomiquement, Ă©cologiquement, etc parlant).
Jâai bien dâautres Ă©lĂ©ments que je pourrais dĂ©velopper, mais on est lundi matin ![]()
La sobriĂ©tĂ© fonciĂšre prĂ©vue pour 2050 ; la loi Littoral et les expulsion qui vont arriver ; âŠ
Ce que je retiens de base : câest quâon a pas assez de logements en France, et que lâEtat (nous) sâest dĂ©sengagĂ© du problĂšme.
Je ne vois pas à ce jour de changement politique qui permettra de changer ça.
Ce que nous vivons aujourdâhui (que nous discutons ici), ce sont les rĂ©percussions de dĂ©cisions et visions qui ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e il y a plus de 25 ans. Depuis, rien dans cette sphĂšre dĂ©cisionnelle nâa changĂ©.
Faut se bouger, quâon soit dâun bord ou lâautre, pour changer quelque chose, et mauvaiuse nouvelle, ça ne se fera pas en un mandat.
Pas assez de logements libres.
Dans certaines zones, et je pense notamment Ă Paris, il y a foule de logements vacants quâaucune disposition lĂ©gislative nâa rĂ©ussi Ă faire louer. Ăa ne vaut pas pour les coins touristiques susmentionnĂ©s (encore que), mais Ă Paris câest assez marquĂ© et un rĂ©el problĂšme.
Ăa et les locs saisonniĂšres qui privent les habitants de location au profil des AirBnB (ce qui par ailleurs nâaide pas le monde hĂŽtelier).
Ben câest aussi ce que je dis : RBnB, câest une version « financiĂšre » exclusive dâun bien.
Tu renforces bien ce que je dis. Câest un dispositif Ă©conomique plus que de lâimmobilier. LEs gens qui « exploitent » le font parce que câest autorisĂ©, et cherchent uniquement une rentabilitĂ©.
Les logements vides : câestq uâils ont un intĂ©ret Ă ce que ça reste vide. Toujorus la mĂȘme logique.
Câest le mĂȘme rapport quâavec les banques : on y place volontairement de nous mĂȘme notre argent en demandant une rentabilitĂ©. Les « accuser » de faire ensuite de lâargent sur notre dos (alors que câest une entreprise - donc câest logique de vouloir produire) câest un peu schizo.
On revient Ă : « lâEtat (nous) se dsengage du problĂšme ».
Si on veut que ça change, on peut pas toujours accuser un systÚme que collectivement on construit (en dehors de toute opinion politique hein).
Câest lĂ oĂč je vais ĂȘtre en dĂ©saccord.
Tu as des proprio dâappart parisiens qui ne louent pas par pure flemme. Ou qui sâen servent comme pied Ă terre quelques jours par an. OĂč est lâintĂ©rĂȘt Ă©conomique rationnel ?
Les acteurs Ă©conomiques nâont rien de rationnel (surtout les particuliers) dans un nombre non nĂ©gligeable de situations.
AprĂšs Ă titre personnel, je suis pour une forme de rĂ©quisition des logements vacants dans les zones les plus en tension (non saisonniĂšres), Ă la fois pour utiliser ces logements mais Ă©galement pour forcer leurs propriĂ©taires Ă louer, et Ă des tarifs accessibles pour trouver preneur. Le logement est un bien essentiel, et actuellement le libre marchĂ© ne fonctionne pas suffisamment bien pour que lâallocation des ressources soit satisfaisante.
Chairbleue a dit intĂ©rĂȘt pas intĂ©rĂȘt Ă©conomique, il faut croire que garder un logement vacant a plus dâintĂ©rĂȘt pour eux quâun intĂ©rĂȘt Ă©conomique ![]()
Câest aussi parfois un intĂ©rĂȘt Ă©conomique de ne pas louer : travaux, mises aux normes, impĂŽts sur le revenue, etc.
Mais clairement il y a un surnombre de logements vacants et ça nâexplique clairement pas la majoritĂ© (surtout Ă Paris).
Exemple des Sables dâOlonne (jây suis 1 jour par semaine et jây vois une multitude de propriĂ©taires - et on parle souvent de La Baules, mais franchement, je crois que les fortunes sont plus importantes encore aux Sables).
Vendredi dernier, jâai visitĂ©, pour en faire le diagnostic technique, une RĂ©sidence dâenviron une centaine de logements.
Elle est située trÚs « moyennement » à proximité du port de plaisance.
Le simple fait de louer pendant 1 mois ou 2 Ă lâĂ©poque du VendĂ©e Globe (soit tous les 4 ans), leur suffit Ă obtenir un certain Ă©quilibre financier du bien.
Ensuite, ils ne le louent mĂȘme pas. Ce sont des gens qui viennent Ă tout casser 3 Ă 4 semaines sur toute une annĂ©e.
Comme dit Blinis, yâa tous les a-cĂŽtĂ© et selon leur situation, lâintĂ©ret Ă©conomique rejoint « lâintĂ©ret dĂ©connectĂ© ».
On a conclu notre rĂ©union de visite en leur disant quâils allaient devoir faiire un ravalement « lourd Ă©conomiquement ». Ils ont ralĂ©.
Puis quand on a abordĂ© le cĂŽtĂ© fiscal et leur statut, câest assez « bizarrement » quâils sont devenus pressĂ©s de connaitre les chiffres.
Un pure bonbon quâon file Ă un gamin qui possĂšde tout le paquet. En plus, le bonbon est presque gratuit puisque plus tu le suce, plus il est sucrĂ©.
EDIT : et sur les logements vaccant, quand ils ne deviennent plus vaccants, les proprio ont des obligations. Soit ils ne veulent pas de ces obligations, soit ça flingue leur « rentabilité ».
Câest un calcul : Ă un moment, dans leur « calcul », si se « faire bien chier », ça rapporte rien, ben ils temporise des jours (loies) meilleures.
Je trouve ça dingue de se dire quâune location de 2 mois tous les 4 ans leur permettent de trouver un Ă©quilibre financier. ![]()
Câest un rĂ©el problĂšme que la vacance demande si peu dâobligations comparativement Ă la location. Et câest, Ă mon sens, anormal.
Yes tu as sĂ»rement raison pour la gentrification. Mon propos nâĂ©tait pas de dire que câest que la faute des locaux mais plutĂŽt par rapport au fait quâon dise « Ă cause des parisiens ».
La fameuse guéguerre entre les 2
Je prends deux semaines de vacances et vous en profiter pour foutre le dawa ?
(@ChairBleue tag moi la prochaine fois)
Dans ta résidence secondaire en province ? ![]()
Non mais tu connais les emmâŹÊÈĄâźs dâune rĂ©sidence secondaire ?
Effectivement je viens de comprendre ton lien ahah
Ceux qui médisent de la creuse ne connaissent pas le fondu creusois


