đŸ‘šâ€âš–ïž DÉBAT (autour de la mode) (partie 1)

Quoi je peux plus porter mes denim si je vais pas chasser l’or dans le grand canyon ?

Zut.

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Pourquoi ça serai dĂ©placĂ© ? C’est pas une honte d’avoir un boulot physique et salissant. Au contraire. Je met en hide un petit texte que j’avais mis sur insta Ă  la base, une reflexion autour de tout ça. Presque un manifeste ahah

Résumé

J’ai toujours aimĂ© les outils et les machines, surtout les plus anciennes. Peut-ĂȘtre parce qu’ils nous permettent de donner vie Ă  nos rĂȘves dans le monde rĂ©el. Et aussi parce que ce sont des objets tangibles, durables et utilitaires. Je suppose que c’est la mĂȘme chose pour les vĂȘtements de travail et militaires, c’est conçut pour durer. Si on creuse un peu, ce qui est vraiment intĂ©ressant, ce sont les gens derriĂšre ces artefacts, leurs vies et leurs histoires. C’est peut-ĂȘtre pour ça que j’aime tant les vĂȘtements de travail, parce qu’ils ont Ă©tĂ© portĂ©s par les mĂȘmes personnes qui fabriquaient des choses avec les vieilles machines que j’aime.

Les gens (et moi) disent souvent : j’aime les vieilles choses parce qu’elles racontent des histoires. Mais derniĂšrement j’ai beaucoup rĂ©flĂ©chi Ă  ça, avec cette question : quelle histoire ?

Pendant trĂšs longtemps, porter un bleu de travail ou des vĂȘtements dĂ©lavĂ©s et rĂ©parĂ©s n’était pas quelque chose dont les gens Ă©taient fiers, car ça voulait dur qu’on Ă©tait des classes populaires.

Mes ancĂȘtres Ă©taient des rĂ©fugiĂ©s politiques, des voyageurs, des forains, des immigrĂ©s pauvres, des ouvriers agricoles et d’usine, des routiers et mĂȘme des diseuses de bonne aventure !

Moi, je vends de vieux vĂȘtements mais je fabrique aussi des meubles en bois et en mĂ©tal pour gagner ma vie. J’ai une petite entreprise et un atelier avec machines anciennes et rĂ©centes. Je suis toujours sale et j’ai les mains larges et dures.

Mais je suis fier de ce que je fais et je ne changerais pour rien au monde, malgrĂ© la façon dont certaines personnes me regardent. Je suppose que c’est du mĂ©pris de classe.

Alors oui mes vĂȘtements sont dĂ©lavĂ©s, rĂ©parĂ©s, pas jolis pour les standards d’aujourd’hui. Mais c’est ceux que je suis le plus fier de porter. Comme un hommage Ă  tous les cols bleus qui ont construit le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Je suppose que c’est cette histoire que je vois dans ces vieilles choses, et celle que je veux raconter au monde. Parce que l’histoire n’est pas seulement dans les livres et les musĂ©es, c’est aussi dans les objets de la vie de tous les jours, en particulier l’histoire de la classe ouvriĂšre. Et qu’on le veuille ou non, les cols bleus font partie de notre histoire.

Pour moi c’est dĂ©placĂ© quand t’as une veste une veste de travail mais que tu crache les classes pop. Sinon au contraire, c’est cool que ça intĂ©resse plus de monde ces vĂȘtements lĂ  ! Et peu importe le milieu social

@anon81849787 Petite prĂ©cision, ce qu’on appelle bleu de chine chez nous c’est un truc europĂ©en (coupe classique d’une veste de travail française) avec quelques details qui font « asiatiques Â». Les vĂȘtements de travail typiquement asiatiques sont un peu diffĂ©rents. Mais je vois ce que tu veux dire !

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Ouais

DerriĂšre les fringues il y a autre chose que du tissu.
Ce qui est hĂ©ritĂ© du militaire fait parfois dĂ©bat. Parce que c’est empreint d’histoire et d’affect.
Porte quelques camos Ă  Strasbourg.
Pour moi c’est un peu le mĂȘme truc ici.
Sauf que là, c’est le marqueur social qui ressurgit.

C’est la hype autour de ça qui me gonfle. Comme le discours « meilleur tissu du monde // meilleure filature // design ultime // goĂ»te mes tomates // les bleus c’est trop classe ».

Je rĂ©ponds ici, parce que de passer par ailleurs me semble compliquĂ©. Et puis ma rĂ©action Ă©tant en lien avec ce qui Ă©tait Ă©voquĂ© plus haut et la reconnaissance des bleus d’ici.

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Achille t’a trĂšs bien rĂ©pondu et je n’aurai pas dit mieux que lui donc je t’invite Ă  relire sa rĂ©ponse un coup

Moi tu vois, ce que je trouve dĂ©placĂ© c’est d’expliquer Ă  quelqu’un que porter un bleu est dĂ©placĂ©, et ce sur la base de prĂ©jugĂ©s que tu fais sur lui : tu vois un type, il porte un bleu, et toi tu te dis « ouais mais il est pas lĂ©gitime, il est dans la hype Â» sauf qu’en fait :

Tu n’en sais rien

Perso je prĂ©fĂšre voir ce genre de fringues encore portĂ©es par des gens que ça fait kiffer plutĂŽt qu’elles partent Ă  la poubelle

Enfin concernant ceci :

C’est compliquĂ© d’aller Ă©crire sur le topic dĂ©bat ?

@romainsss tu pourrais passer ces messages vers le topic débat ? Je sais plus comment faire haha

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@Zub , je trouve que ta question n’a rien d’incongru. Elle est sensible, et discutĂ©e dans la presse ces derniers temps, par exemple ici : Le bleu de travail Ă  250 euros, ou la rĂ©cupĂ©ration d'un symbole | Slate.fr
Ou encore ici : Pourquoi le bleu de travail a fait son retour
@Achille , merci pour le texte que tu as partagĂ© ! Comme toi j’aime beaucoup porter ces vestes, mĂȘme sans que mon travail y soit associĂ©.

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C’est beau ce que tu dis :heart_eyes:

LĂ  oĂč je ne suis pas d’accord avec toi c’est sur les ouvriers n’avaient pas forcĂ©ment « honte » de porter un bleu de travail. Ce n’était pas du tout une tare d’ĂȘtre ouvrier :slight_smile:

LĂ  oĂč je te rejoints c’est de voir ça portĂ© aujourd’hui par des gens qui, parfois, peuvent chier sur les pauvres de la classe pop.
Mais bon, ça fait dĂ©jĂ  quelques annĂ©es que c’est in de faire semblant d’ĂȘtre proche des classes sociales dĂ©favorisĂ©es.

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Tout ça n’a rien de surprenant Ă  mes yeux. C’est cyclique et Ă  toujours fonctionnĂ© comme cela.

Les moins aisĂ©s cherchent Ă  utiliser les codes des plus aisĂ©s pour se « sortir » de leur groupe social. « La masse » utilise donc les codes des privilĂ©giĂ©s. Dans le mĂȘme temps, quand les bourgeois voient leurs codes utilisĂ©s par des classes sociales plus basses, ils tentent alors d’aller vers autre chose pour garder une dĂ©marcation. Il est alors frĂ©quent, Ă  travers le temps, de voir les bourgeois hyper des piĂšces des classes sociales infĂ©rieures qui auront dĂ©laissĂ©es par ces derniers.

Si on Ă©largi le prisme, ça s’est passĂ© pour tellement de piĂšces !

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cool j’ai grandi en zep rurale,je suis fils de familles d’ouvriers prolo au 3/4, juste une grand mùre ancienne bourgeoise et en plus mes grand pùre ont fait la seconde guerre mondial et indichine je crois

je peux porter tout ce que je veux dans ce qui est cool, de la work jacket au blazer en tweed, c’est un hommage Ă  mes ancĂȘtres, je suis ligitimes donc :heart_eyes:

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@anon81849787 Ouais c’était compliquĂ© de rĂ©pondre ailleurs que lĂ  oĂč j’ai voulu exprimer qqch.
C’était tellement insolent


Et c’est tout aussi difficile de construire une pensĂ©e puis un Ă©change sur cet type de mĂ©dia. Mea maxima culpa. Ce doit ĂȘtre moi.

Mais pour dĂ©velopper, c’est la rĂ©cupĂ©ration du symbole qui me frappe. Pas de porter des fringues.
C’est le fait de vouloir faire de la thune avec un symbole aussi puissant que le bleu. Parce que oui, il y a une culture ouvriĂšre avec ses savoirs et ses symboles. Et que des bleus ou des inspirations soient vendus des sommes astronomiques, bah ouais ça me fait chier. Parce que les types qui les portaient, les bleus, ils savaient ce que c’était de se casser le corps pour nourrir leurs gosses. Et ce n’est pas un clichĂ© mais juste que tordre Ă  ce point une certaine rĂ©alitĂ©, en en faisant un truc hype, JE trouve ça rude. Et encore une fois, je trouve vraiment chouette ce que peut proposer @Achille et il a l’air d’aimer ce qu’il fait, c’est bien lĂ  le principal.
Ma réaction ne va pas contre lui, loin de là, mais contre ce truc ambiant. Parce que les bleus de travail sont solides, faits pour durer contrairement aux inspis, qui elles, sont là pour répondre à une mode et ne pourraient pas encaisser le tiers de ce que les originaux ont encaissé.

Si je fais le parallĂšle avec les Mods, c’est l’attribution de la reprĂ©sentation du bourgeois d’Albion par les jeunes des classes populaires, les pauvres. Parce que, ce que tu portes renvoie de toi ce dont Ă  quoi tu aspires. Et que les types se battaient contre des privilĂšges et voulaient abattre certaines diffĂ©rences, celles qui leur Ă©taient renvoyĂ©es Ă  l’extĂ©rieur du foyer, du quartier, par les plus chanceux mais aussi Ă©chapper par ce qui leur Ă©tait proposĂ© par leurs milieux. Cette fatalitĂ© qu’est la reproduction du schĂ©ma familial et du schĂ©ma social, sociĂ©tal.

Enfin, ça demanderait l’utilisation de trop de caractùres pour exprimer pleinement ce dont à quoi je pense.

Donc en chanson,

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Tant pis si on ne me suis pas sur ce coup.
Je cherchais juste à exprimer un truc qui va au delà d’un bout de chiffon.
Et du coup la zone « dĂ©bat » est plus adaptĂ©e, c’est vrai.
Mais je vais rester avec ma réflexion et ne pas tenter de partager un sentiment tellement niais.
Il n’y a rien de victimaire derriĂšre tout ça, ou de lĂ©gitime ou pas.
Mais une réflexion.

Je pense que l’on en pourrait pas mieux rĂ©sumer la situation. Du coup @Zub on pourrait « s’insurger Â» des gamins / gamines des quartiers populaire portĂ© du fake gucci / balenciaga / vuitton quand tu te balades Ă  clignancourt. Ces mĂȘmes codes que tu vois apparaitre Ă©galement dans les mĂ©dias par des rappeurs & co souvent issu de milieu populaire.
Ce n’est pas si « Ă©tonnant Â» de voir la mĂȘme chose dans le sens inverse.

Mais je comprends ce que tu veux dire, c’est surtout une histoire de comm. « Vient acheter mon bleu de travail en coton biologique tissĂ© Ă  la main Ă  500e Â» ça en devient Ă©galement ridicule. Mais avec la mode c’est toujours une histoire de recommencement. Cela me rappel Ă©galement les vendeurs Margiela en blouse de travail comme tenue imposĂ©e.

C’est aussi qu’on a tendance Ă  parler ateliers de confection, provenance des fibres, qualitĂ© du travail et des conditions associĂ©es.
Et là, gros blanc quand j’en viens à exprimer un ressenti.
S’il faut qu’on aille tous dans le mĂȘme sens, je retourne Ă  mes prĂ©occupations bien personnelles et je n’embĂȘte personne.
Mettre les choses en perspective est parfois bien délicat.

Oulala t’embĂȘtes personne faut pas te prendre la tĂȘte. Ta rĂ©flexion n’est pas idiote et je pense que l’on est plusieurs Ă  s’ĂȘtre dĂ©jĂ  fait la remarque sur ce que tu dĂ©cris.
Ce qui est triste c’est que malheureusement il n’y a pas grande chose Ă  faire. Et je peux comprendre que cela puisse toucher certaines personnes plus que d’autres car il y a le cĂŽtĂ© personnel / passif.

Le truc qui dĂ©range le plus, comme dit plus haut, c’est le comportement des personnes qui chient sur certaines classes et qui en utilisent les codes. Mais au final la plupart du temps faut aussi y voir le cĂŽtĂ© positif. Moi le bleu de travail ça me rappel mon grand pĂšre de son vivant qui bricolait dans son garage avec sa tenue complĂštement trouĂ©e et toute crade mais avec lequel je passais de bons moments/ Revoir ce genre de piĂšce portĂ©e ça me rappel plus de jolies souvenirs.

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Nan c’est pas la mĂȘme chose. Porter du fake gucci c’est un moyen de sortir de sa misĂšre.

Porter des vĂȘtements de prolo quand t’es riche et bourgeois c’est exotique

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Tu n’en sors pas vraiment tu t’en donnes l’illusion. Mais au final ça reste la mĂȘme chose, l’illusion. Pareil pour le bourgeois qui n’ira jamais changer la charpente de sa maison de campagne. Appel ça « exotisme Â» si tu le souhaites mais ça reste juste une façade au final. MĂȘme niveau pour moi.

EDIT : Le dĂ©tail aussi qui est diffĂ©rent, c’est que les vĂȘtements de prolo, ils ont Ă©tĂ© achetĂ© Ă  plein tarif.

Encore une fois les gars je le redis parce que personne ne m’a rĂ©pondu sur ce point :

Quand je disais qu’il n’y avait pas grande chose Ă  faire, c’était que tu ne pouvais pas empĂȘcher des marques de rĂ©utiliser et s’approprier les codes de vĂȘtements de travail. La mode est fait ainsi.

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Je relinkerai ça autant de fois qu’il le faut

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Oui je sais je l’ai dĂ©jĂ  lu et c’est un trĂšs bon article. Mais ça ne change pas le fait que cela ne donne qu’une partie de la rĂ©alitĂ©. Je ne me dis pas que toutes les personnes qui ont les moyens, quand ils achĂštent des trucs qui ressemble Ă  des piĂšces portĂ©es par des pauvres, se disent forcĂ©ment que c’est juste pour le cĂŽtĂ© ironique.
Tout comme les mecs qui vont claqués des sommes astronomiques dans des trucs dégueulasse comme du Philippe Plein.

Ils achĂštent ceux que les marques leur proposent. Et pour eux le prix aussi est quelque chose qui peut sembler secondaire. Mais je comprends tout a fait qu’inconsciemment il peut aussi avoir ce petit plaisir « sadique » de se dire que mettre 250€ dans un tee shirt trouĂ© je peux me le permettre alors que les pauvres eux non.

Et Ă  cĂŽtĂ© tu auras Ă©galement toujours le riche qui va flexer avec son costume sur mesure et sa rolex. Qui est aussi une forme d’imposer ton statut social.