đŸ‘šâ€âš–ïž DÉBAT (autour de la mode) (partie 1)

J’comprends zub. Ça « gratte Â» moins lors d’une imitation verticale comme dit chairbleue que lorsqu’il s’agit de farder les classes aisĂ©es en les accessoirisant d’une aurĂ©ole de vertu, de labeur et de mĂ©rites gagnĂ©s au prix d’un effort forcĂ©ment dur-au-mal, en nous vendant un rĂȘve maculĂ© dans un conte Ă  rebours oĂč aladin redevient aladesh.

Un exemple, cette nuit au profit d’un sommeil qui ne venait pas, je naviguais parmi les ootd quand je bloque sans raison particuliĂšre sur un henley schiesser de smq. Je switch sur la page produit et je tombe sur cette littĂ©rature qui me rend heureux pour le pigiste de paris-match qui Ă  l’évidence Ă  retrouver du boulot :

Citation
C’est moi, Karl-Heinz. Vous me connaissez probablement dĂ©jĂ , je suis le classique de 1923 qui incarne le meilleur de l’artisanat et la qualitĂ© supĂ©rieure dans un style contemporain. Je reste dĂ©contractĂ© par mon aspect chinĂ© qui est ma marque de fabrique intemporelle s’inscrivant dans une longue tradition. La patte de boutonnage pratique avec boutons en nacre sur l’encolure arrondie et les extrĂ©mitĂ©s plates sont Ă©galement synonymes de la meilleure qualitĂ©. Mes rayures bleues, mes boutons en nacre et mes bords plats traditionnels en guise d’emmanchures me mettent en valeur. Donc tu vois : je ne suis pas n’importe qui, je suis l’original parmi les originaux
 blabla bla



hĂ©bin dans mon esprit Ă  moitiĂ© sĂ©datĂ©, le henley, il vĂ©hiculait encore plus de valeurs qu’une bonne vieille cuisine du terroir et moi j’ai imaginĂ© ce que cette plume pouvait bien Ă©crire avant de finir au marketing d’une marque de sous-vĂȘtements


Citation

 le PrĂ©sident nous reçoit dans son immense bureau de 1753m2. Il a le regard fier. Le regard fier et bleu de celui qui accomplit l’impossible face Ă  un ennemi invisible. Nous nous apercevons que son front s’est barrĂ© de rides. Rides de fatigue, rides de combat. C’est un front qui est allĂ© au front.
Le Président a encore la force de sourire, comme il a la force de sourire aux Français. Pour les consoler, pour leur redonner espoir.
Pendant l’entretien, il n’aura de cesse que de caresser sa Rolex ModĂšle Diamond 1946, ce modĂšle mĂȘme qui l’a accompagnĂ© dans toutes les crises - le venin de l’« affaire Â» Benalla, la sauvagerie des Gilets Jaunes, le dĂ©chaĂźnement contre sa rĂ©forme des retraites
 Le bijou qui lui enserre le poignet l’a aidĂ© Ă  garder le cap, et lui a toujours indiquĂ© l’heure qu’il Ă©tait - l’heure du jour, l’heure de la France, l’heure de l’Histoire
 et en plus de ça, il a assez de rĂ©flexe pour s’pĂ©ta contre un ours !..

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Sur ce genre de piĂšces de prolos revendues Ă  prix d’or, c’est souvent les piĂšces en mode patchwork qui ont Ă©tĂ© créées de toute piĂšce qui me dĂ©range.
Je peux comprendre l’intĂ©rĂȘt esthĂ©tique, mais au final c’est encore plus se fabriquer une image de clochard de luxe comme dit s.cribe.

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Je ne suis pas sĂ»r que cette histoire de vĂȘtements soit en-tĂȘte d’un grand nombre de personnes au moment de leur achat. Si ça dĂ©range, le mieux est de consommer via la seconde main et je me range Ă  l’avis ci-dessus (@sc.ribe). Je rajouterais que dans les va et vient incessants existant entre les diffĂ©rentes « classes » (pour peu que le mot ait le mĂȘme sens pour nous tous) c’est plutĂŽt l’odeur qui dĂ©range que la couleur. Un bleu de travail qui sent le renfermĂ© ou l’humiditĂ© du deux piĂšces en fond de cour n’est pas le mĂȘme que celui qui sent le bon air frais de la machine Ă  laver efficace et du grand espace de sĂ©chage.

On remarque Ă©galement que ce type de va et vient n’existe que pour des objets finalement mineurs comme les habits. On ne voit pas d’engouement bourgeois pour les maisons mitoyennes, les voitures d occasion, les amants en situation de prĂ©caritĂ© ou les lycĂ©es pro.

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En fait c’est plus une sorte d’appropriation culturelle en mode je prends un truc de prolo que je mĂ©prise au quotidien et quand moi je le fais c’est cool parce que ça coĂ»te cher.

Ressembler à un SEGPA mais avec son salaire mensuel sur toi quand t’habites Rue de la Pompe y a un problùme

On revient toujours Ă  la lĂ©gitimitĂ© et l’authenticitĂ©

@anon81849787 c’est le problĂšme de savoir Ă  quel moment un vĂȘtement est assez galvaudĂ© pour ne plus ĂȘtre connotĂ©.

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Sartorialisme en arrive Ă  faire passer RoSaCe pour un mec de droite modĂ©rĂ©e. (Ce qu’il est, en comparaison.)

Entre la fixette sur Jacomet (trĂšs maladive, et pas trĂšs originale vu qu’il ressort les mĂȘmes anecdotes trouvĂ©es sur DPEC h24), l’homophobie, la xĂ©nophobie et la haine de tout ce qui n’est pas assez d’ED pour lui, c’est clair que ça ne vole pas bien haut.

Par contre, j’ai vu dans les commentaires d’un de ses torchons sur les chaussures de qualitĂ© une belle shitstorm. Je ne rĂ©siste pas Ă  l’envie de vous en partager quelques extraits (article « 10-marques-de-souliers-de-150e-a-600e »), ça serait dommage que ça se perde - lisez, ça vaut son pesant de cacahuĂštes :

Mais bref, fachorialisme, c’est la preuve qu’on peut avoir un bon Ɠil pour l’analyse de tenues et un manque d’élĂ©gance absolu (pour ne pas dire plus
 ah merde, je l’ai dit).

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Est-ce que justement on ne serait pas Ă  la pĂ©riode oĂč le bleu de travail va ĂȘtre galvaudĂ© et va perdre son identitĂ© premiĂšre Ă  force d’ĂȘtre portĂ© par tout le monde ?
Quand je vois des mecs bosser sur les chantiers ou quand j’y au bossĂ©, plus personne ne porte de bleu de travail presque. Les gars sont en pantalons et vestes techniques Leroy Merlins, donc mĂȘme si ça reste encore imprĂ©gnĂ© pour nous, les futures gĂ©nĂ©rations l’utiliseront comme on prends des dĂ©serts boots aujourd’hui.

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Putain j’ai ouvert une boite de pandore juste en partageant qq photos :sweat_smile:

Je vais essayer de rĂ©pondre Ă  tout le monde, c’est un truc qui m’intĂ©resse pas mal

Je dirai que ça dĂ©pend des gĂ©nĂ©rations. AprĂšs guerre, quand il y a vraiment commencĂ© Ă  avoir de la mobilitĂ© sociale, pour beaucoup de gens leurs origines pop c’était vraiment une honte. Je prend souvent l’exemple de mon arriĂšre grand pĂšre : il a eu une vie trĂšs dur (il a fait l’AlgĂ©rie chez les zouaves en engagĂ© volontaire, puis ouvrier en verrerie au four et syndicaliste) mais il en a toujours Ă©tĂ© trĂšs fier. Sa fille (ma grand mĂšre du coup) qui a grandit juste aprĂšs guerre, pour elle c’est vraiment quelque chose de honteux, qu’elle a essayĂ© de cacher toute sa vie.
Et c’est pas un exemple isolĂ©, la gĂ©nĂ©ration du baby boom a vraiment du mal avec ça !

Et y’a pas une question d’ĂȘtre lĂ©gitime ou pas Ă  porter des vĂȘtements de travail. Juste de cohĂ©rence et de respect, parce que ça reste symbolique, qu’on le veuille ou non. Pour l’argument du prix, faut pas oublier que jusque dans les annĂ©es 50 les vĂȘtements de travail coutaient vraiment une blinde (en part de pouvoir d’achat), c’est d’ailleurs pour ça que les gens les rĂ©paraient autant. Et il y avait un vrai travail sur les matiĂšres, coupes et finitions qui feraient pĂąlir pas mal de marques maintenant :joy: C’est aprĂšs qu’on a commencĂ© Ă  faire de la merde Ă  pas cher taillĂ©e n’importe comment

@GabrielCL Le bleu est toujours pas mal utilisĂ© dans les usines « a l’ancienne » de petite taille genre forge industrielle, fonderie, etc. Mais de moins en moins c’est vrai, et surtout moins visible (par rapport au bĂątiment par ex)

L’aspect de la hype autour de ça que je trouve super cool, c’est que ça amĂšne le public en gĂ©nĂ©ral Ă  s’intĂ©ressĂ© Ă  un monde et une culture qui sont un peu en train de se perdre. Il ya tellement de savoir faire artisanaux, paysans ou industriels qui sont en train de se perdre, c’est cool du coup que ça intĂ©resse un peu plus de monde, par le biais de la fringue. Le numĂ©ro de Avant mag sur le vĂȘtement de travail français en est un super exemple je trouve.

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ça me rappelle le taré de Chefing, ça

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Pour ceux qui n’ont jamais vu ce bijou

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Finalement certains ont su, davantage que moi, mettre un peu d’ordre dans tout ce que je pensais ( dire
 ) .
Quand c’est dĂ©licat de faire clair et concis en live, ça l’est encore plus par Ă©cran et clavier interposĂ©.
Mais au final ça en a fait rĂ©agir quelques uns et moi, ça m’a permis de clarifier ma pensĂ©e.

Ne nous Ă©charpons pas, l’hiver n’est pas encore là


A chaque fois que je revois cet extrait, j’ai l’impression d’ĂȘtre dĂ©foncĂ© juste avec les vapeurs de coke que le mec doit s’envoyer toutes les dix minutes pour tenir son personnage.

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C’est surtout le mec qui applique sans les maütriser tous les trucs de base de communication
Édit : ça n’en reste pas moins une sacrĂ© pĂ©pite

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Sebago c’est amĂ©ricain et ça date des annĂ©es 40, mais pour les autres oui. On peut ajouter Prince Jorge Ă  la liste aussi

Pour 7L, vu que les anciens de 7L qui ont lancĂ© Malfroid se sont fait bombarder de faux avis sur Google par le mĂȘme mec, j’aurais tendance Ă  dire que oui.

(Malfroid que j’avais pris pour un simple rebranding de 7L, vu que je bossais juste Ă  cĂŽtĂ© de la boutique 7L devenue la maison-mĂšre de Malfroid.)
(Et qui propose de la bonne came pour ce que j’en ai testĂ©, en formel et en heritage, avec des formes Ă©quilibrĂ©es Ă  un prix honnĂȘte.)

Tu as bien sûr le droit de ressentir ça

AprĂšs je pense que tu fais belle et grandie poĂ©sie du bleu qui est un peu aussi lĂ  du fantasme d’ouvrier de la seconde RI

Mon grand pÚre a porté un bleu pendant 40 ans

Mon pĂšre idem, 40 piĂšces de turbin

La premiĂšre chose qu’il a faite Ă  sa retraite en avril dernier, il s’est dĂ©barrasser de ces bleus, blouses et pompes de sĂ©cu

Y a rien de sacré

Et il en a rien Ă  faire que le bleu puisse ĂȘtre un objet de mode

J’ai lu par bribe certains des derniers pavĂ©s

Et je pense que beauxoup d’intention sont prĂȘtĂ©es aux gens « aisĂ©s » qui portent des bleus dans leur vie « urbaines »

Pas certains que le plus juges des deux ne soit pas l’accusateur d’appropriation ou je ne sais quoi

Le plaisir de s’habiller en pauvre qu’ils mĂ©prisent

Wow ça va loin :joy:

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C’est aussi le monsieur a l’origine de l’arrivĂ© de Doc Martens dans nos contrĂ©es non ?

Il semblerait, mais je me suis jamais vraiment intéressé à Dr Martens :slightly_smiling_face:

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Tu fais un raccourci un peu rapide.
Ce qui se dit c’est que les gens portant aujourd’hui un bleu de travail mĂ©prisent pour la plupart la classe ouvriĂšre. Mais ce n’est pas pour ça qu’ils le portent.

De la mĂȘme façon que la plupart des gens qui s’habillent en military mĂ©prisent les militaires/la guerre. Mais de la mĂȘme façon ce n’est pas pour ça qu’ils s’habillent avec ces vĂȘtements.

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J’ai bien pensĂ© Ă  vous et Ă  ce dĂ©bat hier 

Je suis en virée au Pays Basque et hier, sous la flotte, on a décidé de visiter le musée du Pays Basque à Bayonne.
Je me retrouve en plein milieu du musée devant des mannequins en tenue traditionnelle 


Moi, je suis en L45

Comme ça

Rien Ă  voir Ă  la base 
 mais j’ai pas pu m’empĂȘcher de faire logiquement le rapprochement entre les 2 tenues et de faire un lien et penser Ă  nos discussions. Je ne suis pas Basque non plus 


Je me considĂšre comme faisant parti des privilĂ©giĂ©es (sans doute parmi les « riches » en France, qui est un pays riche 
 donc 
) et malgrĂ© tout, quand je me fringue comme ça, je n’ai aucune bile acide envers qui que ce soit. Je dirais mĂȘme qu’il m’arrive de penser Ă  mes grands parents qui Ă©taient justement des paysans (ils n’ont eu accĂšs aux sanitaires modernes qu’au tout dĂ©but des 2000) 
 mais au final, qui m’ont inculquĂ© justement des valeurs et un goĂ»t du travail qui va juste au-delĂ  d’une tenue.
Faire un lien entre tout ça, ca peut ĂȘtre plus « profond » donc en fonction des histoires de chacun 
 c’est encore, Ă  mon sens, juste dommage de tenter de se classer dans des cases et des castes 


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J’ai sans doute Ă©tĂ© maladroit mais les cases ne sont pas pour moi.
Par contre les classes, quoi qu’on ait voulu en dire pendant 20 ans, elles existent toujours.
Et la question n’est pas de restreindre la libertĂ© de certains Ă  s’habiller comme ils le souhaitent, de les juger en illĂ©gitimitĂ© suivant le pĂ©digrĂ©e de leurs aĂŻeux
 Mais juste de reconnaĂźtre qu’on est parfois prĂȘts Ă  faire du business avec n’importe quoi pourvu qu’il y ait du ien-ien.

C’est plus profond que cette histoire de sape.
Certain parlait Ă©tonnamment du manque d’amour envers les maisons mitoyennes des anciens quartiers popus.
Vraisemblablement cela ne semble pas tout Ă  fait le cas Ă  Bordeaux, Ă  Nantes,
 Ou mĂȘme ici, oĂč les maisons de pĂȘcheurs et d’ouvriers s’arrachent suivant les rumeurs d’arrivĂ©e du train Ă  grande vitesse ( lol ) tendant le marchĂ© de l’immo pour les locaux.

Pour les bleus, je ne parlais pas d’Achille qui vit son truc ou des gamins qui s’habillent comme ils le sentent. Mais des marques plus ou moins grandes qui vont te sortir l’argumentaire sur l’authenticitĂ© de la tenue, le cĂŽtĂ© vrai, original et originel

Le mĂȘme dĂ©lire avec les fringues d’inspiration militaire.
J’ai Ă©tĂ© adolescent dans les annĂ©es 90, j’ai portĂ© des vestes et parkas militaires sans en ĂȘtre un. Mais c’était cool et j’aimais ça. Quand je retrouve certaines piĂšces revendues Ă  prix d’or ou des rĂ©pliques en beaux tissus pour aller taffer au bureau, j’admets que ça me fait sourire et que je peux ĂȘtre jugeant.

Pour finir, parce que ce type de truc en boucle via le mĂ©dia clavier / Ă©cran ne me va pas trop, tant ce n’est pas du cosplay on s’habille un peu comme on veut mais il faut parfois ĂȘtre prĂȘt Ă  recevoir de l’autre quelques questionnements sur ses choix. La vie quoi.

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