đŸ‘šâ€âš–ïž DÉBAT (autour de la mode) (partie 2)

C’est son gimmick personnel de ce que j’en sais

Il vaporise quoi sur ses chaussettes ?!?

Il y a quelque chose de profondĂ©ment dĂ©primant Ă  se dire que tu en arrives Ă  avoir besoin d’un gimmick pour te dĂ©marquer du reste de la plĂšbe. Qu’elle soit celle Ă©phĂ©mĂšre des influenceurs, ou encore plus dĂ©primant du reste du monde.
Ca reflĂšte un tel manque de personnalitĂ©, de malĂȘtre dans ses vĂȘtements et donc de ta lĂ©gitimitĂ© Ă  t’ériger en rĂ©fĂ©rence du sujet.
Sans la vidĂ©o et le gimmick de con, le look est cool en plus. Et devrait se suffire Ă  lui mĂȘme.

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Je ne sais pas dire ce qui est le plus dĂ©bile entre passer son rasoir anti bouloche sur ses chaussettes ou le fait qu’il le fasse sur des chaussettes neuves.

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Bon
 je viens de faire tomber ma paire de lunettes LGR à vélo. Le temps de me retourner, la voiture derriÚre les avait réduites en poussiÚre.

C’est Ă©norme comme une paire de lunette Ă©crasĂ©e au sol Ă  quelque chose de pathĂ©tique et vulnĂ©rable :poop:

Au-delĂ  de la frustration, ça m’a fait rĂ©flĂ©chir. Entre ça et un bijou Tiffany & Co. abĂźmĂ© il y a quelques jours, je me demande oĂč se situe l’équilibre entre le plaisir qu’un objet procure et la charge mentale qu’il peut aussi reprĂ©senter.

J’ai parfois l’impression qu’à partir d’un certain point, on protĂšge davantage son bien que l’on en profite. Dans le mĂȘme genre, j’imagine que vous avez tous vĂ©cu ce moment ou un beau pull en laine qu’on porte pourtant avec attention, fini par s’abimer en s’accrochant Ă  quelque chose, ou cette montre dont on redoute la premiĂšre rayure


L’objet nous possùde un peu..

De mon cĂŽtĂ©, j’ai une formation de designer, alors je m’intĂ©resse Ă  leurs dessins et desseins, leurs histoires, leurs fabrications mais ces expĂ©riences me font parfois me demander oĂč s’arrĂȘte cette sensibilitĂ© aux objets 
 et oĂč commence une forme de matĂ©rialisme / collectionnite

Je me demande, pour vous, oĂč se situe l’équilibre ?

* s’en va dig des wayfarer vintage
 ou des JMM :joy:

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Moi c’est le fait d’avoir eu des enfants qui m’a fait relativiser sur le fait de garder des affaires propres / non abĂźmĂ©es.

Je ne sais plus oĂč j’avais lu ça, mais j’aimais bien cette phrase : « on peut aimer quelqu’un toute sa vie, pour cela il faut accepter que ce ne sera jamais la mĂȘme personne Â».
Je trouve que c’est aussi vrai pour les biens matĂ©riels. C’est bien parce qu’on vit des choses, qu’elles les vivent avec nous, et qu’elles changent.

J’ai des marques de griffes de feu mon chat sur tous mes souliers. Je ne regretterai jamais d’avoir eu un chat.
Mes enfants ont Ă©tĂ© Ă  l’origine de pas mal de dĂ©gĂąts sur mes vĂȘtements (et sur les leurs aussi), ça fait partie du deal.

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Pour moi il y a pas de frontiĂšre entre les deux. Quand on est sensible au beau dans l’objet, le matĂ©rialisme n’est pas un gros mot.
Il y a du matĂ©rialisme qui peut ĂȘtre vertueux, le fait de bien aimer ce qu’on possĂšde pousse aussi Ă  bien entretenir, rĂ©parer, customiser, 

C’est plutît chercher l’immuable dans ce qui est utilitaire par essence qui me semble antinomique.

Tu mets les mots sur ce que j’ai pu ressentir pour pas mal de piĂšces, mais notamment pour des solaires Jacques Marie Mage Enzo achetĂ©es en 2022, 630 EUR.
Résultat je prenais 100x plus de plaisir à porter de vulgaires Izipizi à 35 EUR car je les portais en mode ballec, tandis que je faisais hyper (trop) attention aux JMM du fait du prix.
J’ai pu trouver un entre deux avec une paire de Yellow Plus que je porte sans me prendre la tĂȘte tout en Ă©tant un trĂšs bel objet, et que j’accepte d’abimer avec le temps.
Du coup je vends les JMM et l’inflation fait que je peux facilement les vendre au prix d’achat.

C’est un cap un peu dur Ă  passer (j’ai encore quelques piĂšces qui ne l’ont pas passĂ©), mais ouais faut se dire que n’importe quelle piĂšce mĂȘme chĂšre plus on la porte plus elle devient belle mĂȘme si elle est un peu abimĂ©e/tĂąchĂ©e

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Je pense que le principal frein c’est quand tu considĂšres que ton objet Ă  xx€ , xxx€, xxxx€ est une dĂ©pense trĂšs voir trop importante

Ça peut aussi bien ĂȘtre parce que pour ton budget c’est effectivement une somme importante, comme ĂȘtre un frein psychologique.

Perso je m’en tamponne, mais j’ai plus de plaisir Ă  chercher la piĂšce qu’à la possĂ©der, et j’ai une grande facilitĂ© Ă  m’en sĂ©parer Ă©galement.

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Je rejoins Tyqdip sur le coût versus ce que tu gagnes.

J’ai plus de plaisir Ă  porter un vĂȘtement qui ne m’a pas coĂ»tĂ© cher et que je peux dĂ©foncer sans soucis, alors que chaque dĂ©pense importante que j’ai fait pour des fringues finit souvent par me mettre en Ă©tat d’alerte dĂšs que j’ai un risque de les dĂ©tĂ©riorer.

AprĂšs mon esthĂ©tique s’accorde plus avec le fait d’avoir des vĂȘtements usĂ©s, reprisĂ©s et dĂ©chirĂ©s donc ça va, mais je n’irai pas en festival avec mes docs Rick Owens (surtout parce que je risque de me flinguer les pieds aussi ahah)

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Les fringues j’en ai plus rien à foutre.
Trop de pognon dépensé dans ces conneries.
Tout ce que j’ai achetĂ© ces derniers mois vient de Vinted et d’Uniqlo avec un ratio 70/30. Un extra de temps en temps : le short Borali ou la collab dĂ©bardeur avec Maison Cornichon.
Du coup j’ai bien plus de blĂ© sur mon compte, bien bien plus :rofl:.
Je me suis recentrĂ© sur l’essentiel : la silhouette.
Ça paraüt tellement banal dit comme ça.

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je me retrouve dans tout ce que tu dis et pourtant je n’ai pas d’enfant ^^

fringues, accessoires, bijou, meuble, montre et toutes ces petites choses qui peuvent valoir beaucoup, sont avant tout lĂ  pour nous accompagner dans la vie et nous faire kiffer

quand j’achĂšte un truc son prix est oubliĂ© dĂšs lors que je commence Ă  le porter / utiliser. Et je vis avec Ă  fond. aprĂšs j’aime voir le temps passer sur les choses, les fringues c’est mieux acec du vĂ©cu, les bijoux pareils, y a rien d eplus triste qu’une bague rutililante pour moi, mĂȘme un truc en por de vieille dame`. Y a peut ĂȘtre que les montres pas tool watch oĂč ç apeut faire suer une rayures, et encore.

et si on est pas capable de faire abstraction de ça, comme le dit dyptique, c’est peut ĂȘtre que le prix est de trop pour nous et que l’achat n’était pas forcĂ©ment le bon

aprĂšs quand je perds / casse un truc, je peux avoir un vrai moment de deuil :rofl: et ça sera pas corrĂ©lĂ© au prix d’ailleurs. J’ia perdu une bague ne argent que j’avais achetĂ© 8e mais j’avais mis 5h de scroll pendant le covid Ă  la dĂ©nicher, purĂ©e j’y pense encore ^^

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On l’a toujours dit fit > all.

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c’est pas la texture, le grammage et les Ă©toffes d’exception ? :flushed:

Seulement si tu es un névrosé venant de BG. :face_with_peeking_eye:

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Dans ce que tu dis , ce qui est important c’est les extra je trouve sinon tu t’emmerde si tu aime la sape.

Full uniqlo c’est triste Ă  mourir je trouve , mĂȘme si ta prioritĂ© c’est le fit .

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On est d’accord, un objet est fait pour vivre, se patiner, parfois se perdre ou se casser. Ce qui lui donne de la valeur n’est plus seulement son prix ou sa raretĂ©, mais la vie qu’il partage avec nous.

Petit H.S mais j’ai rĂ©cemment visitĂ© le musĂ©e de la PrĂ©histoire de Nemours. J’ai Ă©tĂ© frappĂ© par la justesse de certains outils et poteries : le dessin, le dessein, les proportions
 tout paraissait d’une Ă©vidence incroyable. Et pourtant, celui qui les a façonnĂ©s n’imaginait probablement pas qu’on les admirerait encore plusieurs milliers d’annĂ©es plus tard. C’est assez ouf.

Pour en revenir au sujet initial : oui, ça me fait chier d’avoir abĂźmĂ© un collier, artisanal ou de sĂ©rie, qu’il ait coĂ»tĂ© 100 € ou 1 000 €. Mais je n’ai pas envie que cette frustration devienne disproportionnĂ©e simplement parce que j’y suis attachĂ©.

Est-ce qu’il y a un objet qui, pour vous, reprĂ©sente ce rapport « juste Â» aux choses ? Pas forcĂ©ment le plus cher ni le plus beau, mais celui qui procure un vrai plaisir d’usage sans jamais devenir une prĂ©occupation.

Petit teasing du musĂ©e qui est Ă  la fois vieillissant, datĂ©, moderne pour son Ă©poque, dĂ©tachĂ© d’une architecture locale mais ancrĂ© dans son paysage
 pĂ©pite

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Personnellement je trouve ça difficile de conserver un « plaisir d’usage Â» sur le long terme avec juste un vĂȘtement. Tu peux avoir une piĂšce que tu dĂ©sirais pour ton vestiaire depuis longtemps, mais une fois que tu as fait l’acquisition de celle-ci, et la lune de miel passĂ©e, ça redevient un vĂȘtement.

Les seules choses qui pourraient rentrer dans ce cadre, mais ce n’est pas forcĂ©ment mon cas, pourrait ĂȘtre un vieux maillot d’une Ă©quipe que tu apprĂ©ciais et qui est liĂ© Ă  un souvenir en particulier. Une vieille paire de chaussures / basket que tu te refuses Ă  jeter et que tu conserves pour « trainer Â», etc. Une veste de ton pĂšre / grand pĂšre que tu as rĂ©cupĂ©rĂ©. Mais encore une fois ça reste plus une valeur sentimental et je suis pas non plus prĂ©occuper de la façon dont ça va vieillir car gĂ©nĂ©ralement dans un Ă©tat dĂ©jĂ  bien avancĂ©.

Sinon je verrais plus cet exemple pour des accessoires comme des bijoux / montres et enfin comme tu l’as fait remarquĂ© pour des outils. Perso j’ai toujours des vieux rotring, quelques portes mines, et un stylo plume datant de mes Ă©tudes qui sont toujours un plaisir Ă  utiliser pour dessiner.

Et pour terminer, ce musĂ©e reste dans son jus depuis quasiment son ouverture. J’y suis allĂ© gamin il y a environ + de 25/30 ans. Je m’en souviens encore, surtout une partie « fouille Â» qui existait et qui permettait d’apprendre les bases du mĂ©tier d’archĂ©ologue. Il y avait aussi des petits travaux pratiques comme la taille du silex et de mĂ©moire la confection d’une espĂšce de « lance Â» . Je ne sais pas si c’est toujours d’actualitĂ© mais il m’avait bien marquĂ©.

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ça c’est un peu comme ne pas vouloir s’attacher à un mec / une nana parce que l’on a peur de la (future) rupture

faut vivre et kiffer

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